A l'occasion de la venue de la commission Larcher à Lyon aujourd'hui, Lyon Libération a interrogé Gérard Collomb, Michel Mercier et Jean-Jack Queyranne et fait une sunthèse de leurs réponses :
" Normalement, c'est le type de papier qui fait fuir le lecteur. La réforme des collectivités ? Je retourne me coucher. Erreur, lecteur. Une véritable révolution se prépare. Un changement radical d'organisation, auquel il vaut mieux commencer à s'intéresser. Gérard Larcher, président du Sénat, vient à Lyon aujourd'hui dans le cadre de la mission sénatoriale sur l'organisation territoriale. LibéLyon a profité de l'occasion pour demander aux présidents du département, Michel Mercier, à celui de la région, Jean-Jacques Queyranne, et à celui du Grand Lyon, Gérard Collomb, leurs scenarii pour les territoires du futur. Ils sont d'accord pour agrandir et conforter le Grand Lyon, au détriment du conseil général. En revanche Michel Mercier veut en rester là. Il refuse pour l'instant une métropole qui irait au-delà d'une agglomération lyonnaise raisonnablement étendue. Queyranne et Collomb veulent en revanche passer à l'étape suivante. Favoriser l'émergence d'une véritable métapole, immense territoire englobant villes et zones de campagne de Saint-Etienne à l'Isère...
Pour l'agglomération, les trois hommes semblent donc à peu peu près d'accord. Le Grand Lyon doit être agrandi, et conforté. Gérard Collomb : "Il regrouperait tous les bassins de vie qui versent sur Lyon. A l'Est l'aéroport Saint-Exupéry, au nord Lissieux, à l'ouest tout ce qui est en plaine jusqu'à Brignais". Cela ferait 80 à 100 communes au lieu de 57, et environ 1,5 million d'habitants. Dans ce périmètre, pour gagner en légitimité, les conseillers seraient élus au suffrage universel direct.
"Il faut tenir compte du fait urbain, acquiesce Michel Mercier. Si l'on va vers un Grand Paris, il faut cinq ou six Grand Paris en France, qui dépassent le million d'habitants. A Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, etc. Il faut seulement que ces métropoles, dont on a besoin, aient une unité de vie. Cela ne peut pas aller de Grenoble à Angoulème. Et elles doivent être élues démocratiquement, avec des conseillers siégeant par ailleurs dans les conseils municipaux."
Quelles compétences aurait cette super-communauté urbaine ? "Le grand Lyon doit prendre sur son territoire les compétences du département et les exercer, estime Jean-Jack Queyranne. L'intégralité des compétences logement, et une partie des compétences sociales, par convention". Michel Mercier se dit prêt à céder ces compétences de proximité. "Je ne prêche pas pour ma paroisse, souligne-t-il, avant d'ajouter que "certaines compétences régionales, comme les lycées, devraient également être données" au Grand Lyon". Un point sur lequel Jean-Jack Queyranne n'est pas d'accord. Le président du département verrait par ailleurs les collèges gérés par le Grand Lyon et non plus par le département. Tandis que Gérard Collomb propose que la région récupère cette compétence.
Que deviendraient conseils généraux et communes avec le développement si les communautés urbaines avalent leurs principales compétences ? "Cela doit se régler de façon adaptée à chacun, estime Michel Mercier. On ne règle pas la question à Lyon comme à Marseille ou Dunkerque. Dans le Rhône, resteraient 400.000 habitants en dehors du Grand Lyon. Cela reste deux fois la Haute-Loire. Il faudra de bonnes articulations avec les autres territoires, et permettre aux communes qui le souhaitent de se regrouper, par trois ou quatre, au sein de municipalités, comme dans la loi PLM." L'hypothèse de fusions avec d'autres reliquats de conseils généraux, comme celui de la Loire, est aussi parfois avancée.
La région ne change en revanche pas d'aire, et peu de compétences, dans les scenarii des trois présidents. "Le vrai couple d'avenir est le couple métropole-région, estime Jean-jack Queyranne. Il doit fonctionner avec des instances de coopération. Pour la région, la réorganisation doit permettre d'affirmer son rôle sur toutes les compétences d'aménagement du territoire. Le développement économique, l'innovation, la formation tout au long de la vie et les transports ferroviaires."
Le président actuel de la région se dit en revanche opposé à la formule des conseillers territoriaux telle que l'envisage l'UMP. Ils seraient élus pour siéger à la fois au conseil général et au conseil régional ? "Ce n'est pas cohérent au moment où les compétences de chaque collectivité se spécialisent", dit-il. Gérard Collomb est d'accord : "Pour la région, il faut garder le même mode de scrutin, qui permet de dégager une majorité, un président et un projet. Un vote par cantons, avec des conseillers généraux également conseillers régionaux, provoquerait un saupoudrage des politiques, sans stratégie d'ensemble".
Reste l'idée de la grande métropole, qui divise. L'utilisation d'ailleurs du même terme par Michel Mercier pour parler d'un Grand Lyon élargi, et par les deux autres présidents pour parler d'un territoire plus vaste, prête sérieusement à confusion. "Notre scénario, explique Gérard Collomb, se conçoit comme une fusée à deux étages. Au-delà du Grand Lyon conforté et étendu, nous sommes volontaires pour expérimenter des compétences partagées sur un plus vaste territoire". Cela irait jusqu'à Saint-Etienne à l'ouest, Vienne au sud, Villefranche au nord et l'Isère à l'est. Et cela ferait 3,5 millions d'habitants environ, comme les grandes métropoles européennes.
"A cette échelle, poursuit Gérard Collomb, les compétences seraient la planification urbaine et la structuration des territoires, pour développer notre stratégie multipolaire de développement autour des transports en commun et des corridors verts. Le mode de gouvernance reste à définir. Il pourrait dans un premier temps se faire au suffrage indirect". Un peu comme le grand Barcelone ou le grand Manchester, qui fonctionnent avec des conférences de grands élus d'agglomération.
Jean-Jack Queyranne défend le même schéma. Auquel Michel Mercier ne croit pas. "La métropole, dit le président du conseil général, ne doit pas être une tache d'huile qui s'étend à l'infini. Plus on étend, plus on dissout". Il aura l'occasion d'en débattre ce matin. Et comme les autres élus, profitera de l'occasion pour dire que toute réorganisation reste liée au problème des ressources locales, au moment où le Président annonce sans débat la suppression de la taxe professionnelle."
Olivier BERTRAND
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